Eva et Django en Suisse normande

Jazz dans les prés ? Un nom bucolique pour un acte militant. Ce tout nouveau festival, né l’an dernier dans la Ferme Culturelle du Bessin, nourrit un projet très enthousiasmant : amener le jazz dans les villages de Normandie. Comment ? En invitant un artiste de renom à jouer avec un groupe de musiciens normands. Dimanche soir, la salle de la Roche d’Oëtre  recevait Eva Slongo. Guillaume Chevillard (l’organisateur-batteur) donne le ton : il veut offrir une musique de qualité et de proximité. Pour la proximité, pari gagné : les cinquante spectateurs, accueillis par un enregistrement de l’hymne russe (un acte militant, on vous dit !) a pris place dans la petite mais très chaleureuse salle. Quant à la qualité…Eva Slongo, brillante violoniste, déjà reconnue internationalement, était accompagnée de trois de nos meilleurs musiciens normands : Damien Cordelet à la guitare, Hugues Letort à la contrebasse et Guillaume Chevillard à la batterie. Et c’est bien à un concert de haut vol que nous avons assisté. La soirée est placée d’emblée sous le signe du jazz manouche et de son maître Django Reinhardt, avec Anniversary song en ouverture. Les musiciens alternent chansons françaises et standards, variant l’atmosphère et le tempo : reprise émouvante et mélancolique de Nuages au violon et à la guitare seuls ; version rythmée pour All the things you are ; rapidité et virtuosité dans Limehouse blues. Un seul fil directeur pourtant : le swing…Et quel swing ! Le violon d’Eva Slongo dialogue tour à tour avec les trois musiciens, avec le public, convié à participer (La javanaise), quand ce n’est pas avec elle-même, puisqu’elle chante, en s’accompagnant de son instrument, en français (Ménilmontant, Que reste-t-il de nos amours ?), ou en anglais (All of me, What is this thing called love ?) A son scat joyeux et communicatif répond un trio de musiciens parfaits : une batterie toujours juste et nuancé, une contrebasse solide et dynamique, une guitare impressionnante. Alors, bien sûr, It don’t mean a thing (if it ain’t got that swing), le dernier morceau, s’impose, tout naturellement. Mais tu peux dormir tranquille, Duke….Ce soir, la musique  voulait vraiment dire quelque chose.

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