Définitivement du jazz

Album

CD 'Its Hard'

It’s hard the bad plus (Okeh Records/Sony Music. Sortie : 26 août 2016)

Le trio de Minneapolis « the bad plus » ( Reid Anderson à la contrebasse, Ethan Iverson au piano et David King à la batterie) s’est  fait connaître, depuis 2000, grâce à ses reprises de chansons rock ou populaires, un son puissant et une rythmique marquée.  It’s hard, sorti en avril dernier, est pourtant un grand album de jazz. Du son rock, de la rythmique binaire, il reste peu de choses. Le début de The beautiful ones (Prince) ou le très expressif The robots (Florian Schneider). Le reste est nuance, subtilité, swing et humour, comme cette drôle de reprise de Johnny Cash I walk the line qui, justement, ne marche pas sur la ligne, mais aurait plutôt tendance à tituber grâce au léger retard de la mélodie et à l’accélération du tempo au fil du morceau. D’ailleurs, le groupe affectionne les ruptures et les dissonances sur cet album ( Games, Alfombra magica). Malgré tout, c’est la paix et la sérénité qui l’emportent, une fois l’album écouté. Est-ce parce que les derniers morceaux sont les plus lyriques, comme cette poignante improvisation sur Mandy , ou ces rêveries mystérieuses que sont Don’t dream it’s over et staring at the sun ? Est-ce parce que l’album ne se termine pas vraiment, mais reste comme suspendu à cette dernière note de Broken Shadows, dans un hommage émouvant à Ornette Coleman ? « The bad plus » ? Définitivement du jazz.

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