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Bossa Nova, la grande aventure du Brésil de Jean-Paul Delfino (édition Le Passage)

La Bossa Nova, c’est une façon d’être, de vivre, de sentir. On est Bossa Nova, ou pas. Jean-Paul Delfino  nous emmène, au rythme d’une enquête aussi minutieuse que remarquablement écrite, à Rio pour découvrir cette musique que tout amateur de jazz connaît forcément, sans savoir exactement d’où elle vient. Après avoir exploré les racines de Ia Bossa Nova, fille du samba africain,  l’auteur nous fait entrer dans l’appartement de Nara Leao, égérie, à partir de 1958, d’une  bande de jeunes musiciens (rapaziada en portugais), plutôt bien nés. Jean-Paul Delfino brosse les portraits de musiciens mythiques, au premier rang desquels Tom Jobim et Joao Gilberto, mais nous fait découvrir également ceux qui ont eu moins de chance, oubliés, au destin parfois tragique, « les cygnes noirs de la Bossa Nova », tels Baden Powell ou Johnny Alf.  Fondée sur des décalages infimes et de correspondances entre le rythme et la mélodie, la Bossa Nova, c’est d’abord la création d’une pulsation, la fameuse batida de Joao Gilberto. Faite d’harmonies complexes, mais de paroles simples, cette musique requiert une voix calme, sans lyrisme exacerbé, au point que ses détracteurs trouvaient que les chanteurs étaient désaccordés (desafinado). C’est paradoxalement lorsqu’elle devient mondiale que la Bossa Nova se perd, et l’album culte qui la rendit célèbre (Getz/Gilbert) la dénatura à jamais. L’auteur montre, enfin, que  cette musique ne peut être comprise que si l’on prend en compte l’histoire sociale et politique du Brésil : en 1964, la Bossa Nova, née de  la liberté, disparaît en même temps qu’elle, sous les chars d’une dictature meurtrière. Un livre passionnant !

Extrait : Jean-Paul Delfino décrit ici la batida de Gilberto :

 » Elle n’est pas régulière, semble malicieusement vouloir désobéir aux pulsations du métronome qui découpe le temps en tranches parfaitement régulières. Pourtant, elle est dans le rythme. Elle est aussi feutrée que peut l’être la voix et, cependant, l’infime décalage que Joao Gilberto fait exister entre la ligne mélodique et la pulsation donne à la chanson une impulsion, un swing, comme diraient les jazzmen, qui donne envie de battre la mesure. »

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