JSLP (2) : Rhoda Scott Ladies All Star

    Samedi 5 mai 2018, 22h15. Les femmes prennent le pouvoir à Coutances. On espère pour longtemps. Pour vos 80 ans, vous feriez quoi, vous ? Rhoda Scott, elle, souffle ses bougies sur la scène de la salle Marcel Hélie, avec six copines. Et pas n’importe lesquelles : « le gratin du jazz français », nous dit-elle. On sait qu’elle n’exagère pas, on sait même qu’elle est en deçà de la vérité. Le septet nous a offert deux heures de très, très grand jazz. Chaque musicienne a emporté dans ses bagages une composition originale pour le festival. Le résultat est exceptionnel. Des mélodies parfois pleines de sérénité, plus souvent rythmées et foisonnantes, qui permettent de mettre en valeur chacune des musiciennes. De fait, l’équilibre est parfait entre les différents solos des deux altos (Lisa Cat-Berro dans sa propre composition Golden Age, la très énergique Géraldine Laurent dans Escapade d’Airelle Besson), du ténor (Sophie Alour dans City of the rising sun de Lisa Cat-Berro) et de la trompette d’Airelle Besson ( magnifique dans la très poétique composition d’Anne Pacéo, Château de sable.) Les batteuses, elles, jouent tout en nuance, parfois seules, parfois à deux. Mais c’est tout de même dans une ambiance survoltée, à la fin du concert, qu’Anne Pacéo et Julie Saury nous offrent une très belle bataille, dans R&R et I want to move. Entre les deux sections, la rythmique et la mélodique, Rhoda fait le lien, des pieds et des mains, sur son orgue Hammond au jeu toujours impressionnant. Le dernier morceau joué en rappel, Blues March de Benny Golson, rendu célèbre par l’enregistrement d’Art Blakey sur son album Moanin’, résonne alors comme un manifeste : ces sept musiciennes d’exception sont bien les « new jazz messengers ».

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