JSLP (3) : Emile Parisien Quintet

    Assister à un concert d’Emile Parisien, c’est toujours une expérience. Le jeune saxophoniste vit toujours avec une incroyable intensité chaque instant passé sur scène ;  son corps prolonge son instrument avec une telle énergie, qu’il semble parfois s’envoler. Et quand il ne joue pas, il s’assoit par terre pour écouter, encourager, vivre avec passion le solo des autres. Jeudi 10 mai, ce quintet incroyable a enflammé un théâtre plein à craquer en présentant de larges extraits de son dernier album, Sfumato, qui s’ouvre sur un très belle ballade, Préambule, à la mélodie plaintive et lancinante jouée au soprano. La musique déborde d’énergie : rythme effréné, groove entraînant  aux accents bop et rock (Poulp), mélodie impressionniste (Arôme de l’air ), chaque composition met en valeur l’ensemble des musiciens, le leader et le légendaire Joachim Kühn, bien sûr, mais  aussi le jeune batteur portugais, Mario Costa, au rythme implacable et nuancé, le contrebassiste Florent Nisse, et la belle guitare de Manu Codjia. La composition collective, le clown tueur de la fête foraine, qui était placée au coeur de l’album (avec Vincent Peirani et  Michel Portal) est reprise : un vrai régal !  L’introduction lente, en forme de valse jouée par Manu Codja, pose le décor de la fête foraine, joie rompue par l’arrivée du clown tueur (la contrebasse de Florent Nisse) qui s’avance à grandes enjambées inquiétantes ; le troisième volet est une course-poursuite dans laquelle nous laissent sans voix la virtuosité et l’énergie de Joachim Kühn . Cette suite se présente finalement comme un condensé de l’album : un sommet d’inventivité, d’énergie et d’intelligence. Et par-dessus tout, il y a le son, puissant et mélancolique, reconnaissable dès la première note, d’Emile Parisien qui, à trente à peine, révolutionne à lui tout seul, d’albums en concerts, le saxophone soprano.

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