Tara, voyage sonore

Tara, c’est le nom d’une montagne serbe, entre orient et Balkans ; c’est aussi le titre du troisième album du trompettiste Jan Schumacher, dont le quintet s’est produit samedi dernier à la salle Louaintier de Flers devant un public particulièrement réceptif. A la fois accessible et exigeante, la musique de Jan Schumacher est d’abord un voyage sonore, entre montagnes d’Europe centrale et océan du Finistère. Le groupe nous offre de larges plages musicales et prend le temps d’installer de beaux chants au lyrisme émouvant : très belle contrebasse solo de Blaise Chevallier dans Sillage, magnifique introduction au piano (Richard Turegano, aux harmonies particulièrement élégantes et élaborées) et au trombone (très grand Gueorgui Kornazov !) dans Sfetina, petit bijou qui devrait figurer dans le prochain album du quintet. Au bugle et à la trompette, Jan Schumacher orchestre parfaitement ce groupe soudé et cohérent tout en laissant à chacun une grande liberté. Ce voyage sonore n’en est pas moins particulièrement rythmé ; il n’est pas là question de folklore ni de musique éthérée : qu’on ne s’y trompe pas, ce qui tient l’ensemble, c’est bien le swing, présent d’un bout à l’autre grâce à la batterie de Jean-Pascal Molina, tour à tour discret ou plus percussif dans les beaux Lacrimo et Maillorca en particulier. Entre groove assumé, expérimentations musicales et poésie subtile, Tara est une complète réussite et classe le quintet de Jan Schumacher parmi les groupes européens les plus innovants.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est yan-schumacher-2.jpg.



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