Gulf stream jazz festival : Baptiste trotignon

Deuxième saison du très beau festival né en 2018 sur le port de Barneville-Carteret, au programme soigné et de qualité, à l’image du trio programmé ce soir. A 45 ans, Baptiste Trotignon est définitivement l’un des meilleurs pianistes de jazz de sa génération et a entrepris de reformer, l’an dernier à Marciac, son trio d’origine, pour notre plus grand bonheur, reprenant, avec Clovis Nicolas (contrebasse) et Tony Rabeson (batterie) les compositions originales de ses premiers albums, Fluide et Sightseeing. Foisonnant et exigeant , le jazz de Baptiste Trotignon est extrêmement recherché, parfois déroutant, et c’est tant mieux : harmonies magnifiquement construites, improvisations virtuoses remarquables, ce qui n’exclut pas, au contraire, les belles mélodies lyriques, comme dans la douce introduction de L’amer à boire. On le sait, l’une des influences majeures de Baptiste Trotignon est Keith Jarrett, prégnante dans le complexe Anyway. Le pianiste nous fait découvrir d’autres références qui ont compté pour lui, en nous offrant un beau medley des mélodies de Billy Straihorn, ou encore un bel hommage à la bossa nova de Joao Gilberto, disparu récemment. Musiciens exceptionnels, Clovis Nicolas et Tony Rabeson accompagnent subtilement le piano, sans pour autant se faire oublier (beaux solos dans le très swing This is new), ce qui est une vraie gageure, tant le piano est omniprésent : car Baptiste Trotignon ne s’arrête jamais de jouer, assumant une musique ambitieuse et intellectuelle, réfléchie et passionnante, parfois sans concession. Bref, du vrai jazz.